Comment trouver le bon rapport qualité/prix ?

Coût à l’usage, Fast fashion et slow-wear, tout ce que vous avez toujours voulu comprendre.

Comprendre un prix :

« Lorsqu’on achète un produit, le plus important, c’est souvent le prix »

Mais de nos jours, rien n’est plus flou que le prix d’un vêtement. Le consommateur est tellement abreuvé de soldes et de remises toute l’année que le prix ne signifie plus rien. Pourquoi tel jean vaut 20 €, l’un 50 € et l’autre 150 € ? La marque ? Oui, mais encore… Est-ce un gage de qualité ou juste un argument marketing ? Quelle est la différence intrinsèque ?

Quand on lit un peu les étiquettes, tout semble fabriqué au même endroit : Chine, Taïwan, Bangladesh, … Alors à quoi bon investir ? Vous avez raison de vous poser ces questions car globalement dans l’univers du textile et surtout dans ce que l’on appelle la fast-fashion, ce n’est pas très glorieux en termes de qualité.

La fast-fashion c’est quoi ?

Ce sont les grandes chaînes de magasins très connus que vous retrouverez dans toutes les grandes villes : Jules, H&M, Zara, Celio, Devred, Kooples, Sandro, …

Ces enseignes n’ont qu’un but : vous faire consommer plus que nécessaire en utilisant des stratagèmes douteux, en vendant des produits à des prix parfois dérisoires voire même à perte (5 € le pantalon, 15 € la veste, … ), en créant des sous-gammes dédiées au marché outlet fabriquées au rabais portant la confusion en misant énormément sur le marketing publicitaire.

De plus, sauf quelques rares exceptions, tous leurs produits sont fabriqués dans des pays à la main d’œuvre exploitée, avec des matières bas-de-gamme et avec des proportions de fibres synthétiques parfois très élevées.

Tout ceci a de plus, un impact écologique désastreux (rivières polluées, utilisations d’agents chimiques non autorisés, utilisation d’eau en quantité astronomique, …)

Ci-dessus l’effondrement en 2013 du complexe Rana Plaza au Bangladesh, considéré comme l’un des plus destructeurs de l’histoire moderne.

Ici et pour les intéressés, un article relatant des conditions atroces en Éthiopie où les employés travaillant pour Calvin Klein et Tommy Hilfiger sont payés 27$ par mois !

https://theintercept.com/2018/07/08/ethiopia-garment-industry/

Cela peut être également néfaste sur notre mode de vie, même si cela est indirect (délocalisations d’emplois, fermetures d’usines de textile françaises, disparition des savoirs-faire, …)

Quel est le juste prix ?

Il est évident que le prix est le critère principal car nous ne pouvons/voulons tout simplement pas investir de grosses sommes dans l’habillement. Par contre, nous pouvons le faire plus intelligemment, de manière plus réfléchie avec au final un meilleur produit mais surtout des économies à la clé.

Comment faire des économies ? Consommez slow-wear !

Le slow-wear comme son nom l’indique est l’inverse de la fast-fashion.

Ce sont donc des produits plus chers faits pour durer, confectionnés avec des matières sélectionnées avec soin, par des artisans qualifiés, fabriqués parfois même sur des machines très lentes utilisées dans les années 30.

Il en résulte des produits qui vieillissent avec le porteur, qui se patinent avec le temps en leur apportant une touche d’authenticité comme sur le délavage unique d’un jean par exemple au lieu d’un délavage réalisé artificiellement par ordinateur. Les Japonais travaillent énormément de cette façon et leur donnent même le nom de « wabi sabi ». La culture d’une confection sans compromis fait partie de leur ADN.

« Made by hand, without compromise » est la devise chez MOMOTARO par exemple. Tout est dit.

Et les économies dans tout ça ? Le CPW : Cost per Wear

Des calculs simples ont été faits pour calculer le coût de revient d’un vêtement, c’est ce que l’on appelle le cost per wear (littéralement coût par port)

Understanding Cost Per Wear – The Only Metric that Matters

Comme tout le monde, vous vous êtes déjà dit qu’un jeans à 220 € était absurde. Que si besoin, vous irez plutôt dans un centre commercial pour prendre un simple jeans à 60 € et que ça sera amplement suffisant. Cette façon de penser est très rationnelle et simple, vous n’avez pas envie de vous prendre la tête et c’est tout à fait normal. On est tous pareils.  Sauf que pour être juste et correspondre à vos besoin, la valeur d’un vêtement (ou d’un objet quelconque) dépend directement du nombre de fois que vous allez l’utiliser ! Tout simplement.

Un costume haut-de-gamme acheté 1.000 € porté 10 fois en 5 ans représente 100 par port. Rappelez-vous ce nombre lorsque vous mettrez votre costume spécial mariage.

Le prix que vous êtes prêts à mettre devrait être directement lié à la fréquence d’utilisation.

Reprenons l’exemple du jean car c’est un produit basique de toute penderie et qui se doit d’être un minimum durable. On a souvent pour habitude d’attendre les soldes et d’en prendre plusieurs pour être tranquille.  En achetant 4 jeans classiques (toile lambda déjà prélavée) à 60 € pièce dans un grand centre cela revient à :

  • 60 x 4 = 240 €

Chaque jean est porté environ 80 fois avant de se trouer, de le jeter, le donner ou le laisser de côté dans un coin de l’armoire en attendant. Une opération de reprise d’un trou à 25 € chez une couturière ne sera pas rentable vu le prix d’achat.

  • Le coût d’usage est donc de 60 € pour 80 ports = 0.75 € par port
  • 80 ports x 4 jeans = 320 ports

Prenons l’exemple d’un jean à 220 €, toile Selvedge rigide, brut, non traité chimiquement. Porté par toute occasion, on arrive à 400 ports facilement.

Bien sûr une petite opération de couture est nécessaire à force donc comptez + 25 € chez une couturière.

  • 220 + 25 = 245 €
  • 245 x 400 ports = 0.61 € par port

Ce jean peut par la suite être revendu sur des sites spécialisés entre 30 et 60 € alors que le jean à 60 € ne se vendra pas ou à prix dérisoire (5-10 €).

Le jean à 220 € est donc plus économique à l’usage de près de 15 centimes par port, sans compter le plaisir, le look et le confort d’un jean authentique, bien fini qui se patinera de manière unique. La toile étant non traitée chimiquement et surtout utilisant beaucoup moins d’eau, l’impact écologique est bénéfique. De plus, une toile non traitée chimiquement, utilisera moins d’eau et se lavera également moins souvent.

De la même façon, une paire de baskets de marque à 150 € portée 250 fois représente : 250 ports x 150 € = 1.66€ par port.

En comparaison, une paire de boots Made in USA type Red Wings à 300 € portée 500 fois et réassemblée 1 fois (90 € l’opération) = 300 + 90 = 390 € soit 500 x 390 = 1.28 € par port. Le coût d’utilisation des Red Wings est réduit de presque 40 centimes par port !

Sa construction spécifique (semelle vibram, cousu Goodyear, triples coutures, cuir plus épais, …) nécessite des employés qualifiés et une breakin’ period, mais sa durée de vie est incomparable. Le cousu Goodyear permet également un ressemelage infini via leur service de restauration personnalisé.

Le coût à l’usage est plus faible dans les 2 cas. Ce calcul peut être fait sur tout et n’importe quoi mais il est surtout essentiel de comprendre qu’il est plus judicieux d’investir dans des basiques de qualité indémodable.

En conclusion :

1.  Un vêtement de meilleure qualité sera plus durable, plus économique et verra son coût d’utilisation baisser proportionnellement avec le temps.
En plus de vous apporter plus de confort (matières naturelles nobles, coton supérieur, cuir de meilleure qualité), il vous apportera également plus de satisfaction personnelle (coupe plus travaillée, travail sur la texture, détails de finitions, …)

2. Prendre conscience de l’intérêt d’entretenir ses vêtements au lieu d’en changer constamment = baisse du coût d’utilisation.

3. Apprendre à ne pas « collectionner » inutilement les produits. Avoir 20 chemises et n’en porter que 6 régulièrement par exemple. Cela semble évident et pourtant, nous sommes nombreux dans ce cas = baisse du coût d’utilisation également.